Louise Michel (1830-1905), figure emblématique d’engagement


Née au château de Vroncourt en Haut-Marne le 29 mai 1830, Louise Michel est la fille née hors mariage du fils du châtelain, Laurent Demahis, et de la servante Marianne Michel. Elle fut élevée par ses grands-parents, dont elle reçut une bonne instruction. En grandissant, elle lit Voltaire et Rousseau, et étudie la musique.

Mais en 1850, après la mort de ses grands-parents et de son père, Louise Michel est chassée du château. Elle devient alors institutrice et fonde une école libre où elle enseigne pendant trois ans selon des principes républicains favorisant l’éducation et l’instruction pour le plus grand nombre.

Elle s’installe ensuite à Paris où elle enseigne dans l’institution de Madame Voillier.  Chaque soir, désireuse d’en apprendre sans cesse davantage, elle suit des cours, participe à des réunions publiques où elle rencontre Jules Vallès, Eugène Varlin et Théophile Ferré. Elle écrit pour des journaux d’opposition et rédige des poèmes qu’elle adresse à Victor Hugo, avec qui elle a entretenu une correspondance de 1850 à 1879. Fervente défenseuse de la cause des femmes, elle mène également une activité politique en s’engageant en tant que secrétaire de « la société démocratique de la moralisation », dont le but est d’aider les femmes à vivre par le travail.

Louise Michel… et les autres. La Commune : un engagement féminin

Parmi les personnages ayant marqué la mémoire collective de la Commune et l’engagement politique, une femme se détache : Louise Michel.

Emile Perré, Buste de Louise Michel, s.d, bronze, musée d'art et d'histoire de Saint-Denis.

© Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis

Cet engagement devient de plus en plus intense. En 1870, elle est élue présidente du « Comité de vigilance des citoyennes  du XVIIIe arrondissement de Paris ». Pendant la Commune, elle fait partie d’une des franges révolutionnaires les plus radicales, se portant même volontaire pour aller seule, à Versailles, tuer Adolphe Thiers. Durant cet épisode révolutionnaire, sa mère se fait arrêter à sa place pour être utilisée comme moyen de pression (événement illustré par Jules Girardet à travers L’arrestation de Louise Michel).  Louise Michel se rend alors pour la faire libérer. Celle que l’on surnommait la « Vierge Rouge » est ensuite condamnée à la déportation à vie. Elle est envoyée en Nouvelle Calédonie où elle reste jusqu’en 1880. Avec elle fut déportée Nathalie Lemen, une activiste de la Commune, dont la mouvance anarchiste a sans doute influencé Louise Michel.

A son retour à Paris, Louise Michel est accueillie par la foule et reprend son activité de militante. Elle donne alors des conférences, intervient dans des meetings, défend les chômeurs, les ouvriers, les femmes,  mais aussi l’abolition de la peine de mort.

Finalement lassée par le manque de liberté d’expression, Louise Michel s’installe à Londres en 1890 où elle s’occupe d’une école libertaire. En 1895, à la demande de Sébastien Faure, elle revient en France. Elle y est arrêtée à plusieurs reprises lors de manifestations et est emprisonnée trois ans avant d’être libérée sur intervention de Clémenceau.

Le 9 janvier 1905, elle meurt d’une pneumonie à Marseille alors qu’elle s’y rendait pour une tournée de conférences. Une foule l’accompagne lors de ses funérailles, véritable  témoignage du symbole fédérateur qu’elle incarnait.

Marianne Lanciaux, Portrait de Louise Michel à la fin de ses jours, 1925, peinture, Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis.

© Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis

Afin de faire entendre leurs voix au sein du conflit, les Communardes fondent  « L’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés », qui s’organise à la manière d’un syndicat. Cette union réquisitionne les ateliers abandonnés de la capitale par les patrons, et s’organise selon un système d’autogestion.

Cette association féministe et libertaire revendique le droit au travail et l’égalité des salaires.


Anticléricales, ces révolutionnaires reconnaissent l’union libre et investissent les églises, qu’elles utilisent comme lieu de parole et de débat.

Si beaucoup de femmes communardes demeurent à ce jour anonymes, quelques noms restent dans les mémoires, comme ceux de Nathalie Lemel ou d’André Léo…

Qu’ils s’agissent de bourgeoises ou de prolétaires, elles se sont rassemblées pour lutter ensemble contre le pouvoir versaillais ainsi que pour leur émancipation. Un double combat défendu avec ferveur.

Louise Michel est aujourd’hui connue pour s’être battue dans les rangs de la Commune de Paris. Mais son engagement politique est avant tout celui d’une vie, qui s’étend bien au-delà de cette période historique. Souvent oubliées de nos manuels d’Histoire, de nombreuses autres femmes ont œuvré activement pour la Commune, qui constitue également un épisode majeur pour les revendications sur les droits des femmes.


Dès le 18 mars 1871, les communardes s’impliquent dans les évènements insurrectionnels et défendent massivement la capitale avec acharnement. Elles montent notamment sur les barricades et se battent comme des hommes, sous l’habit des fédérés.

« Des femmes partout. Grand signe. Quand les Femmes s’en mêlent, quand la ménagère pousse son homme, quand elle arrache le drapeau noir qui flotte sur la marmite pour le planter entre deux pavés, c’est que le soleil se lèvera sur une ville en révolte... »

Jules Vallès.

Louis Scherer, Le club des femmes, fin XIXe siècle, estampe, Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis.

 

© Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis

Lopez J.M., Louise Michel, Paule Minck et Marie Ferré, s.d. photographie, papier albuminé, tirage contrecollé sur carton, Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis.

© Musée d'art et d'histoire de Saint-Denis